L'itinéraire de randonnée historique et de mémoire V1 en vallées de l'Yères et de la Bresle

Quelques rappels historiques

Les Vergeltungswaffen, ou V1 : le premier missile de croisière de l’histoire

Littéralement « arme de représailles » en allemand, les Vergeltungswaffen, ou V1, sont utilisés par l’Allemagne à partir du 13 juin 1944 et jusqu’à la fin du mois de mars 1945. L’introduction de cette arme inédite dans l’histoire est le résultat d’un long processus de recherches amorcé dès le début de la guerre. Il est mené par les scientifiques du centre de Peenemünde, une base de recherches de la Luftwaffe et de la Heer (l’armée de l’air et l’armée de terre du Reich) située sur l’île côtière de Usedom dans les eaux de la mer Baltique, au nord-est de l’Allemagne.

Les premiers essais du V1 ont lieu à la toute fin de l’année 1942 et se poursuivent durant l’ensemble de l’année 1943. Au fur et à mesure que les essais se perfectionnent, la Luftwaffe s’attache à former ses hommes au maniement de cette nouvelle arme. Le V1 répond à un objectif stratégique : avec cette véritable bombe volante dotée d’un pulsoréacteur, l’état-major allemand espère compenser sa faiblesse en matière de bombardiers lourds à long rayon d’action par rapport aux Alliés.

À l’été 1943, s’ouvrent les premiers chantiers des sites de lancement en France, tous situés sur le nord du territoire, de la Manche au Pas-de-Calais. Dans le même temps, les services de renseignements des Alliés mènent une intense campagne de photographies aériennes sur le site de Peenemünde ainsi que sur certaines bases de lancement en construction. L’état-major britannique doute d’abord de l’existence du V1 puis de son efficacité mais finalement, au tournant des années 1943 et 1944, l’Opération Crossbow est amorcée : les premiers bombardements aériens sur les sites de tir sont lancés. Produit rapidement et à bas prix, le V1 doit en effet permettre au Reich de pilonner sans relâche le sud de la Grande-Bretagne. Plus que les dégâts matériels, l’impact du V1 se veut avant tout psychologique, la menace permanente que représente cette arme doit affaiblir le moral et la détermination de la population.

Face à l’avancée des forces armées alliées, les Allemands doivent reculer et abandonner leurs bases de lancement en remontant progressivement vers le Nord, le Pas-de-Calais et la Flandre belge. À partir du mois de septembre 1944, les tirs de V1 vers l’Angleterre cessent, les derniers sites sur le territoire français ont tous été abandonnés. D’autres bases sortent alors de terre en Allemagne et aux Pays-Bas. Du fait de la progression des troupes ennemies, les Allemands sont contraints de changer de cible et visent désormais essentiellement la ville portuaire d’Anvers ainsi que Liège et Bruxelles, reprises par les Alliés. De l’automne 1944 à mars 1945, près de 12 000 V1 sont tirés contre les principales agglomérations belges.

À partir de janvier 1945, les Allemands se lancent dans une ultime tentative de bombardements du sud de l’Angleterre grâce à un V1 à plus longue portée. L’opération se solde par un échec, moins d’une quinzaine de bombes atteint son but.

Le 30 mars 1945 à 8 h est tiré le dernier V1 de l’histoire.

 

 

Cette présentation repose sur les chiffres, dates et éléments contenus dans l'ouvrage « V1 – arme du désespoir » publié par Monsieur Yannick Delefosse, paru aux Éditions Lela Presse en 2011.

Les V1 dans les vallées de la Bresle et de l’Yères et leurs environs

Entre l’Yères et la Bresle, les forces armées allemandes ont déployé plus d’une vingtaine de sites de lancement de V1, certains ont été opérationnels, d’autres non, n’ayant pu être achevés à temps du fait de l’avancée des Alliés. L’essentiel de ces installations était braqué vers Londres, des villes du sud de l’Angleterre comme Southampton ont également pu être prises pour cible.
Dans la nuit du 12 au 13 juin 1944, sur les sites de lancement du Poteau de Montauban à Guerville et du Mont Gournoy à Aubermesnil-aux-Érables et Rétonval, ont été tirés les premiers V1 de Seine-Maritime. L’ensemble de ces sites a régulièrement été pilonné par des raids de l’aviation britannique, américaine et même française de la RAF. Certains d’entre eux ont été neutralisés à la suite de ces intenses bombardements.

Après-guerre, ces sites de lancement ont été démontés (en dépit des bombardements certains étaient jusqu'alors restés presque intacts), les matériaux de construction utilisés étaient ainsi récupérés pour permettre la reconstruction des villages alentours. Progressivement la nature a repris ses droits et le temps a fait son œuvre, cela explique l’état variable des différents sites présents sur le territoire.